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LE MARCHE :
Un exposé de Jacques Marilossian 1) Les principes économiques Le marché est comme l'air que l'on respire, il est le cadre normal, logique dans lequel s'exerce l'activité économique. C'est le lieu de l'échange des biens. On pourra distinguer les biens marchands et les biens non marchands (services ou administrations). On recensera les différents acteurs : le producteur, le consommateur , le vendeur , le distributeur , le régulateur , etc.. Le marché sera totalement libre, ou administré, ou régulé, etc. Les comportements de ces acteurs sont essentiels à compréhension du fonctionnement du marché. Qui produit ? Qui vend ? Qui achète ? Qui agit ? Qui réagit ? Qui anticipe ? Il faut parfois séparer ou rapprocher le citoyen du consommateur ou du contribuable . Le grand principe ordonnateur du marché c'est la loi de l'équilibre entre l'offre et de la demande. C'est cela qui permettra de fixer le prix des biens échangés. Au delà des questions de production il est clair que l'ensemble du système va s'enrichir à partir de l'échange. Et les termes de l'échange - qui produit quoi à quel prix - vont progressivement conduire le marché et l'économie à l'optimum. C'est bien essentiellement à partir du XVIII siècle que la pensée économique s'est construite autour du marché : - Smith Ricardo, Pareto, etc. 2) Le marché et l'évolution de la pensée économique L'évolution de la pensée économique - à l'occasion de la révolution française, puis lors de la révolution industrielle ont permis l'émergence d'une pensée socialiste, ou solidarité, partage, fraternité était les moteurs. L'analyse marxiste du capitalisme, mais aussi le positivisme, l'évolution des sciences, ont permis d'étudier les rapports entre moyens de production, la relation capital travail. Avant le marché il y avait la production des biens, l'exploitation de l'homme par l'homme, la lutte des classes. C'est aussi comme cela qu'est née l'utopie de l'économie administrée et que le marché est devenu, à tort, synonyme de capitalisme. A l'inverse , croire que le marché a lui seul peut optimiser le système est une erreur : il, ne prend pas en compte tous les éléments non monétaires. Usage, qualité, intérêt général, bien commun, long terme. Au XX siècle la révolution russe et la naissance de l'Union soviétique ont pour longtemps figé le débat. Libre échange, libre concurrence sont devenus des concepts honteux. Dans le camp occidental se sont développées la pensée libérale et monétariste, et son alternative, la pensée interventionniste et keynésienne. L'intervention de l'Etat, la régulation de l'économie par le politique redonnait du pouvoir à la « chose publique » L'échec de l'Union Soviétique et des économies planifiées dites socialiste a jeté le discrédit sur la pensée socialiste. La disparition d'une alternative crédible, un certain désenchantement ont assuré le triomphe du capitalisme et de l'économie de marché, C'était aussi la porte ouverte aux excès du capitalisme (capitalisme financier, dérégulation massive) Le débat sur le traité européen fut sur ce point caricatural : on assista, je crois ; a l'un des derniers sursauts d'un marxisme à l'agonie, où marché et concurrence libre et non faussée avaient su mobiliser les nostalgiques.d'une époque révolue. 3) Le monde a changé depuis le XIX siècle : Au delà des évènements historiques, l'environnement du marché - des marchés a profondément changé. On ne peut l'ignorer, d'autant plus que cela influence directement les comportements des acteurs économiques. Nous sommes passés d'économies assez fermées à des économies plus ouvertes (où le commerce extérieur peut représenter plus de 25% du PIB). Cela a contribué au développement des économies occidentales. Avec le progrès technique et les gains de productivité la répartition entre secteurs primaire, secondaire et tertiaire s'est totalement inversée. Cela rend l'analyse marxiste moins pertinente. Nous connaissons aussi la révolution des sciences de l'information (ordinateur, telco). Peu ou prou, il faut aussi noter la disparition des métiers emblématiques de la classe ouvrière. Peut-on pour autant déjà parler d' « extinction du paupérisme » Les échanges mondiaux sont devenus considérables, l'évolution « technologiques « des marchés financiers, la globalisation des échanges, l'internationalisation des entreprises et les liquidités échangées ont modifié l'impact des politiques monétaires nationales. La prise en compte d'un capitalisme financier, la reconnaissance des anticipations rationnelles , l'accélération des échanges (par les communications) , la dématérialisation , l'évolution vers la supra nationalité (Europe) , la mondialisation des échanges, l'émergence de nouveaux pôles ( inde, chine, brésil) , le développement durable , la révolution industrielle et informationnelle sont des facteurs que nous devons bien intégrer et non ignorer ou refuser par idéalisme. C'est le nouveau monde dans lequel nous vivons. 4) La nouvelle relation du socialisme et du marché, au XXI siècle Le débat - pour ou contre le marché, est dépassé. Nous devons clarifier le rôle régulateur de l'Etat sur le marché et définir une vraie « économie sociale de marché » où « concurrence libre et non faussée » n'est pas une expression diabolique. Le marché doit aussi intégrer l'intérêt général et prendre en compte le Service Public. Nous devons développer une vision socialiste moderne et efficace qui maintient la France en tête des économies occidentales. Nous devons donc clairement distinguer : Ce qui ne peut être totalement livré aux lois du marché : fonctions régaliennes, éducation, culture, notion et champ du service public. Nous ne devons pas nous affranchir de toutes les règles de bonne gestion de l'argent publique. Il faut proposer un domaine public avec un modèle économique viable, bien géré et avec une réelle qualité de service. Il est nécessaire de s'assurer de la compatibilité avec le cadre européen ou international, mais prendre en compte ce qui est réaliste et ce qui ne l'est pas au niveau européen. Au niveau international, c'est identifier des causes justes et réalistes et infléchir progressivement les instances internationales. Ce qui relève du marché et pour lequel la politique économique doit être efficace. Nous ne devons plus traiter tout cela de manière négative. Le soutien du marché ne se résume pas à un tout ou rien, politique de l'offre ou politique de la demande. Il faut agir le plus efficacement possible pour , encourager l'échange, développer l'activité , soutenir la compétitivité des entreprises, faciliter le fonctionnement, encourager l'investissement, encourager l'innovation, développer la formation : créer les liens entreprises universités ! Définir clairement et simplement les domaines d'intervention du public, définir une politique de soutien au marché, à l'échange, à la compétitivité des entreprises. Notre relation au marché doit nous aider à définir un socialisme authentique mais réel et concret, capable de gouverner plutôt qu'un socialisme pur et utopique mais irréel et donc inutile ! |